Certains feraient des fautes de grammaires inconsciemment, et les autres « consciemment » ?
Ces derniers « insulteraient » notre oreille (comme le fit Martine à l’encontre de Philaminte dans ce passage des Femmes Savantes de Molière) en violant intentionnellement la règle et le bon usage ; les premiers se borneraient à fabriquer leurs phrases un peu au hasard et tant pis pour la concordance des temps : Si j’aurais su, j’aurais pas venu…
On trouverait un équivalent en musique avec les dissonances. Les premières ont été intentionnelles, faites pour blesser l’oreille – ou pour la faire dresser – quand une rupture dans la phrase musicale s’imposait. Et puis on n’y fit plus attention, on ne l’entendit même plus.
2 – Les fautes de grammaires audacieuses seraient la marque des grands écrivains.
Autant dire que :
a – la grammaire n’est qu’un instrument que l’écrivain peut mettre à son service, et non l’inverse.
b – conçu comme une contrainte, cet instrument est une limite imposée à l’expression de la pensée ; une pensée véritablement créatrice peut – et doit – s’en affranchir.
c – si la force et l’originalité de la pensée impose ces fautes, alors, réciproquement, leur présence atteste de l’existence d’une telle pensée.
Bon – mais quel besoin avons-nous d’un pareil marqueur ?
D’ailleurs, saurions-nous le remarquer, nous pour qui le beau langage et devenu simplement « chiant » (ah ! J’insulte encore Vaugelas !) ; nous dont la grammaire ne comporte qu’une règle : faire des phrases qui ne dépassent pas 5 mots et des Tweets de pas plus de 140 signes.
… Quoique… Je trouve cette vidéo intitulée L’art de bien twitter : La contrainte formelle.
Oui, vous avez bien lu : ici aussi, comme du temps de Molière, il y a une « Contrainte formelle ».
Y aurait-il une grammaire du tweet ? Peut-être. Toutefois ma vidéo dure 2’50. Il n’est pas sûr que Grevisse sache faire aussi court. (1)
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(1) En plus de ne pas connaitre Vaugelas, vous ne connaissez pas Grevisse non plus ? Pas grave : cliquez ici.