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Monday, November 07, 2016

Citation du 8 novembre 2016

L'esprit allaite ; l'intelligence est une mamelle. Il y a analogie entre la nourrice qui donne son lait et le précepteur qui donne sa pensée.
Victor Hugo – Quatre-vingt treize
Allaitement – Suite et Reprise.
Nous allons reprendre deux citations de Victor Hugo déjà signalées : celle du 9 mai 2015 : « L'esprit allaite ; l'intelligence est une mamelle. Il y a analogie entre la nourrice qui donne son lait et le précepteur qui donne sa pensée. ». Et celle du 2 juillet de la même année : « La raison, c'est l'intelligence en exercice; l'imagination c'est l'intelligence en érection. »
Je vois votre expression un peu méfiante : vous vous dites « On va nous demander comment un sein peut entrer en érection. Et nous illustrer ça avec des photos salaces… »
Pfuittt... Soyons quand même un peu sérieux :
         1 – L’idée est que l’intelligence est une nourriture et que comme telle elle va de l’extérieur vers l’intérieur. Pour faire bonne mesure ajoutons que cette nourriture n’est pas le hamburger frites, mais le lait venu du corps de la femme – autrement dit que la transformation substantielle de la matière hétérogène en matière humaine a déjà eu lieu. Cette homogénéité est essentielle puisque :
         2 – Le principe à l’œuvre est que « le semblable produit le semblable » autrement dit que l’intelligence est nourrie d’intelligence. Si vous nourrissez votre esprit avec de la bêtise vous deviendrez bêtes ; et si c’est avec les écrans des jeux vidéos hyper-violents vous allez développer le centre cérébral de l’agressivité (1).
        3 – Enfin, l’intelligence n’évolue pas comme la mémoire artificielle d’un ordinateur. Il ne s’agit pas d’apprentissage et de correction progressive. Il s’agit pour l’intelligence de muter d’un seul coup sous l’effet d’une puissante émotion, tout comme le pénis entre en érection en présence d’un agent excitant (inutile de le dire : les femmes qui sont encore plus imaginatives que les hommes ont bien sûr leur érectilité propre).
Ce qui signifie qu’entre la naissance et le fonctionnement adulte il arrive bien des aventures à l’intelligence
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(1) Il s’agit principalement de l’aire de Broca et du système limbique. (Voir ici)

Tuesday, May 19, 2015

Citation du 20 mai 2015

L'intelligence c’est ce qui permet à un individu de communiquer avec tous les autres. Elle implique non seulement la compréhension mais également la bonté. Partant de là, j’affirme, je clame, qu’il n’existe pas de salauds intelligents.
San-Antonio
Bonté.  Subst fém. – Qualité d'une personne bonne, portée à considérer, traiter les autres d'une façon favorable, en s'abstenant de leur nuire, et surtout en œuvrant pour leur épanouissement vital, aux dépens même de ses propres intérêts.
T.L.F.
Le con est un être bizarre : on en voit partout et pourtant on ne sait comment les reconnaître autrement que par une intuition péremptoire.
L’avantage du salaud, c’est qu’on sait qui il est, et comment le reconnaître, car on en a une définition claire et précise.
- Mettons cette observation à l’épreuve de la définition de San Antonio.

« Il n’y a pas de salauds intelligents » : on le voit, la philosophie San-antoniesque va au-delà de la philosophie sartrienne. Pour Sartre, en effet, le salaud peut fort bien être intelligent ; il est seulement celui qui sacrifie la liberté des autres à la sienne. Comme le dit Comte Sponville « Le salaud, c’est celui qui est prêt à sacrifier autrui à soi, à son propre intérêt, à ses propres désirs, à ses opinions ou à ses rêves » (1). Bref, le salaud est un homme pour qui les autres ne sont que des instruments au service de son intérêt personnel, et on doit considérer les pervers narcissiques comme une catégorique de salaud.
Reste un doute pourtant : le pervers est un individu habile à manipuler son entourage pour faire naitre des sentiments de culpabilité sans jamais se dévoiler. Il lui faut donc un minimum d’intelligence, alors que (on vient d’en faire la remarque), selon San-Antonio « il n’existe pas de salauds intelligents ».
C’est que notre bon commissaire a identifié l’intelligence à l'aptitude à comprendre les autres. Ainsi l’intelligence se voit-elle impliquée dans la bonté. Je comprends les autres donc je suis doué de bonté, suivant la définition citée du TLF.
o-o-o
Toutefois, si on ne conteste pas cette définition de la bonté, en revanche lier l’intelligence à la possession de cette qualité morale laisse songeur. Il faut une bonne dose d’optimisme et de philanthropie pour en arriver là,  et certains – dont je fais partie – douteront de la validité de ce jugement.
Le risque avec l’intelligence, c’est son aptitude à construire de vastes systèmes composés de nombreux rouages dont on gère le fonctionnement globalement : du coup chacun de ces rouages perd son intérêt pour ne conserver que son rôle dans la vaste machine qu’on a imaginée. L’intelligence « gère » les individus qui ne doivent qu’obéir ; mais l’ultime raffinement intervient quant ces êtes soumis sont amenés à aimer leur soumission.
Ainsi du stoïcisme selon lequel l’homme doit aimer la nature à la quelle il est soumis – même si elle le broie, car le tout vaut mieux que la partie.
Dans les procès de Moscou les accusés avaient l’« intelligence » de demander au juge de les condamner pour leur turpitude contre-révolutionnaire.
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(1) Voir son développement ici.

Tuesday, May 12, 2015

Citation du 13 mai 2015

La nature ne fait jamais appel à l'intelligence que si l'habitude et l'instinct sont insuffisants. Il n'y a pas d'intelligence là où il n'y a ni changement, ni besoin de changement.
H-G Wells – L'Homme invisible (1897)
L’homo sapiens dit-on est caractérisé par une faculté essentielle : l’intelligence.
… Quand nous observons nos semblables, nous avons parfois un doute : sont-ils bien de la même race que ces hommes qui ont ratatiné le Neandertal ? Quand la paresse ou l’indécision se lit dans le comportement de certains hommes d’aujourd’hui, pourquoi leur intelligence est-elle aux abonnés absents ?

« La nature ne fait jamais appel à l'intelligence que si l'habitude et l'instinct sont insuffisants » nous dit Wells, rappelant par là que toute faculté humaine doit s’interpréter en terme de profit pour l’espèce. Si nos compagnons ne brillent pas par l’intelligence, c’est qu’ils n’en ont pas besoin pour survivre – ni bien sûr pour se reproduire. C’est que l’habitude et l’instinct leur suffisent, ce qui signifie qu’il n’y a ni changement, ni besoin de changement.
Pour que l’intelligence soit un atout en terme de survie, il faut que l’imprévisibilité du milieu nous oblige à laisser de côté l’instinct pour recourir à l’improvisation et à l’invention. On peut supposer qu’il y eut autrefois des très longues périodes où l’intelligence ne servait à rien, où les rituels et la coutume de la tribu suffisaient amplement : le petit d’homme dès la naissance savait ce qui allait lui arriver dans sa vie entière.

Cool. Sauf que Wells laisse entendre que ce raisonnement ne fonctionne que si nous n’avons pas besoin de changement. Et c’est là que notre civilisation paraît. L’homme occidental a inventé quelque chose d’inimaginable autrefois : l’envie, le désir – en un mot le besoin – de progrès. Tout ce qui a été fait et qui a réussi doit malgré tout disparaître. Nous voulons inventer quelque chose de nouveau, quelque chose qui n’a jamais existé, au risque d’ailleurs que ça rate. Les procédés techniques doivent innover, mais aussi les structures sociales, et donc notre position dans la société : nous voulons que notre avenir ne soit plus inscrit dans notre état civil, que chacun puisse vivre son existence comme si la Civilisation repartait de zéro à chaque fois.

« Tout cela doit être soumis aux effets de l’intelligence » dit Wells : c’est ça l’optimisme.

Wednesday, August 06, 2014

Citation du 7 août 2014



L'intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils, et d'en varier indéfiniment la fabrication.
Henri Bergson – L'Evolution créatrice (1907)
Deux idées, pour le prix d’une :
1 – L'intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils … et d'en varier indéfiniment la fabrication. Ici on a l’idée bergsonienne de l’artificialité de l’intelligence qui désarticule selon ses analyses le réel et le réorganise selon des critères d’efficacité pratique : l’intelligence produit de l’analyse, mesure, recompose et tout ça dans le but de satisfaire nos besoins. En faisant cela elle tourne le dos à l’intuition et à l’élan de la vie (qui est invention et création) : ce qu’elle produit, c’est de l’abstraction. Et pour cela elle doit fabriquer des outils : l’homo sapiens est en réalité un homo faber. (1)
2 – L'intelligence… est la faculté de fabriquer des outils à faire des outils. Comble de l’artificialité : au lieu de continuer à puiser dans cette source mystérieuse qu’est l’intelligence (après tout, c’est bien la vie qui au cours de son évolution a produit et sélectionné ces êtres doués d’intelligence que nous sommes), le comble de l’artifice, c’est l’outil à faire des outils.
Peut-être Bergson songe-t-il à ces machines mystérieuses qui de règlent d’elles-mêmes et qui accomplissent une série de tâches très complexes : ce que nous nommons les machines-outils. Mais on peut sans doute aller beaucoup plus loin : si l’on veut court-circuiter l’intelligence dans son œuvre « concrète », ce qu’il faut c’est inventer la machine ultime, celle qui non seulement se régénère elle-même, mais aussi celle qui va inventer les autres machines, celles qui manquent encore.
Bref : ce qu’il faut, c’est inventer l’ordinateur.
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(1) Voir ici.

Friday, March 15, 2013

Citation du 16 mars 2013



Le problème avec les gens intelligents, c'est qu'ils ne sont jamais assez intelligents pour ne pas dire qu'ils sont les plus intelligents. 
Boris Vian
Encore une petite citation de Boris Vian : après l’exercice de métaphysique kierkegaardienne d’hier, un peu de psychologie maintenant. Décidément, ce Vian : on ne peut plus s’en passer !

1 – D’abord, à quoi sert l’intelligence ? A résoudre des équations du xème degré ? A dire pourquoi  les bateaux à voile peuvent aller plus vite que le vent ? A expliquer comment les banquiers peuvent prêter de l’argent qu’ils n’ont pas – mais seulement à ceux qui en ont ?
Que nenni ! L’intelligence sert simplement à montrer sa supériorité – comme les garçons qui sont fiers quand ils en ont une plus grosse que celle du copain. Et encore : il s’agit seulement de dire qu’on est plus intelligent que les autres.
2 – C’est qu’il y a deux façons de manifester son intelligence : l’une qui consiste à faire quelque chose qui la requiert. Ou bien de se contenter d’affirmer qu’on est effectivement intelligent. Et c’est cette dernière façon qu’évoque Boris Vian : il y a des gens intelligents, … qui disent qu'ils sont les plus intelligents. Au lieu de résoudre un problème difficile, ils expliquent qu’ils ont fait Math-Sup et qu’il ne faut pas être un imbécile pour y arriver.
3 – Mais paradoxe : dire cela est une preuve de manque d’intelligence, car c’est comme ça qu’on se laisse prendre en flagrant délit de mensonge. En effet, selon Vian, être intelligent c’est ne souffrir ni du vice de l’orgueil, ni d’un excès de narcissisme.
4 – Problème : qui donc sera à la fois et intelligent et modeste ? Réponse : ceux qui ne seront ni orgueilleux ni narcissiques. Simplement ce n’est pas à l’intelligence qu’on doit d’y échapper. La modestie est une vertu qui ne résulte pas de l’intelligence, mais de…
De quoi au fait ? Je n’en sais rien, mais je dis que des gens intelligents et modestes, je n’en ai pas connu beaucoup. Mais je ne les ai pas oubliés.