Saturday, June 20, 2015
Citation du 21 juin 2015
Sunday, December 01, 2013
Citation du 2 décembre 2013
[Voyant Eve], l’homme s’écria : « Voici cette fois l’os de mes os et la chair de ma chair, celle-ci on l’appellera femme (hébr. = Isha) car c’est de l’homme (hébr. = Ish) qu’elle a été prise. »
Saturday, September 18, 2010
Citation du 19 septembre 2010

Friday, September 17, 2010
Citation du 18 septembre 2010
Proclamons les princip's de l'art! / Que tout l' mond' s'entende! / Les contours des femm's, c'est du lard, / La chair, c'est d'la viande.
Charles Cros - Le Coffret de santal, Chanson des sculpteurs
Lady Gaga aux MTV Music Awards de Los Angeles
Eloge du lard 1
On a l’impression que Lady Gaga – dont le monde entier parle, et pourquoi pas nous ? – en montant sur scène avec sa robe de barbaque a eu l’intention de traduire dans les faits ces vers de Charles Cros (1)
Bien sûr, ce projet est sans rapport avec la réalisation qui nous est présentée ici : le contraste entre la matière brute (la « barbaque ») et la sophistication des bijoux (bracelet très apparent), ainsi que l’érotisme de la fesse entra-aperçue sous le voile de viande (= sous le lard, la chair) constitue plus un obstacle qu’une illustration à la pensée de Charles Cros.
Car à lire le poème de Charles Cros, on voit bien que dans leur chanson, les sculpteurs nous expliquent quelles sont les propriétés des matières utilisées pour leurs créations : le marbre ; la terre glaise ; le bronze : le plâtre. Et puis le lard – et la viande – des femmes.
On va revenir dans les jours prochains sur cette assimilation de la réalité humaine à la matière brute. Mais occupons nous un instant de cette identification de corps à la statue. Au fond l’impression qui domine dans ce poème, c’est que les frontières doivent être effacées non seulement entre la matière transfigurée par l’art et la matière brute, mais aussi entre la réalité vivante (le corps des femmes) et l’œuvre d’art sortant des mains du sculpteur.
La femme est une statue… de viande.
D’où l’inutile redondance de la robe de bidoche : Lady Gaga n’avait qu’à venir à poil.
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(1) « Cette pièce, que Charles Cros lui-même mit en musique, était chantée «avec des cris farouches de Gaulois exaspérés» (Félix Fénéon) aux soirées des Hydropathes »
Friday, July 23, 2010
Citation du 24 juillet 2010
Un amour commence à exister quand chacun offre à l'autre le fond de ses pensées, les secrets les plus verrouillés. Sinon, ce n'est pas de l'amour, c'est de l'échange de peaux, de désir immédiat.
Katherine Pancol – Un homme à distance
Peinture et poésie se font comme on fait l'amour : un échange de sang, une étreinte totale, sans aucune prudence, sans nulle protection. Le grand saut, à chaque fois.
Joan Miró – Le Figaro Magazine - Juillet 2007
…L’amour, c’est l’intimité sans retrait, alors que la caresse, c’est le contact à la superficie de deux épidermes…
Alors ? Voilà encore le moment des mots bleus ? Celui des fadaises chuchotées qui dégagent un parfum de violette ? Laisse tomber !
Je ne ferai pas grief à Katherine Pancol d’avoir écrit cette phrase. Après tout peut-être avait elle un développement sur les rapports amour/amitié à placer. Mais si je la cite, c’est parce qu’elle me sert de rampe de lancement pour la pensée de Miró sur les étreintes de l’amour.
Entre la caresse qui permet à deux peaux de jouir l’une de l’autre et l’étreinte il y a plus qu’une différence d’intensité. Il y a en outre une fusion entre deux corps, qui ne sont pas seulement faites de muscles et d’os, mais aussi de chair.
Je ne reviendrai pas sur la signification de la chair en amour. J’ai déjà donné mon sentiment là-dessus, grâce au chef d’œuvre de Johnny Hallyday (voir ici). Par contre ce que Miró nous explique, c’est que pour rencontrer l’autre dans l’effusion de l’étreinte, il faut oublier toute prudence, renoncer à toute protection – et bien sûr, on pense tout de suite aux rapports sexuels protégés : sortez couverts !
En vérité, je ne sais pas quand Miró a donné cette interview : en tout cas étant mort en 1983, il n’a sûrement pas connu l’origine exacte du sida.
Mais nous…. Nous qui savons, allons nous dire que l’amour et la capote ne vont pas ensemble ? Allons nous dire à la femme qui défaille entre nos bras : « Chérie, je ne veux pas mettre de préservatif, parce que, faire l’amour avec toi, c’est un échange de sang, une étreinte totale, sans aucune prudence, sans nulle protection. Le grand saut, quoi… »
Saturday, June 23, 2007
Citation du 24 juin 2007
Chair amie
Miss.Tic - Sous vêtements Miss.Tic pour "Nuits de satin"
Non, mais qu’est qui lui prend à la Miss de nous faire une ligne de lingerie ? Etait-elle poursuivie par le fisc, ou bien a-t-elle été prise au piège d’une promesse imprudente ?
Vous n’y êtes pas. Pas du tout même.
Voyez-vous, ce message ne peut faire pleinement son effet que s’il est imprimé sur une petite culotte (sur le soutif’ aussi, oui). La chère devenant chair : ça évoque bien sûr le trouble du frisson qui irradie le corps sous l’effet du désir (là dessus voir ceci et éventuellement cela). Ce message n’aurait pas du tout le même pouvoir évocateur s’il était peint sur un mur où imprimé sur une affiche. Nous devons l’imaginer avec le chatoyant du satin (Nuits de satin), se perdant dans des replis où le tissus et les secrets du corps féminin ne font plus qu’un…
Calmons nous.
Tout cela est la confirmation de la célèbre thèse de Mac Luhan : « Le médium EST le message ». Ou pour faire simple, le message (Chair amie), exerce sur nous une influence qui est redoublée par le moyen de transmission (la petite culotte). On a ainsi une inversion du rapport fond/forme : le moyen de transmission (forme) exerce sur nous une influence plus grande que le message (fond). Vous allez me dire que dans ce cas on peut carrément supprimer le message : s’il n’y avait que la petite culotte il n’y aurait plus de fond (1) et finalement ça nous ferait autant d’effet. Peut-être…Mais uniquement si vous avez gardé votre fraîcheur d’adolescent acnéique. Mais avouez que les tee-shirts aux innombrables messages montrent que l’union de la formule imprimée et du lieu où il se déploie (sur la poitrine dans le dos…) constitue un ensemble sur-signifiant.
D’ailleurs faites une petite expérience : écrivez un message d’amour directement sur votre peau, où vous voudrez, et allez montrer ça à votre petit(e) ami(e) : vous allez voir l’effet !
(1) Vous pouvez garder votre jeu de mots foireux pour vous.
Sunday, April 08, 2007
Citation du 9 avril 2007
Rabelais avait une formule pour évoquer les rapports amoureux : ils se « frottent le lard » disait-il (notez, je doute un peu que cela produise un parfum). Anaïs Nin oppose à ce frottement, le frottement dans des mots : deux être se rencontrent en se parlant, plus encore, ils se touchent se pénètrent en paroles.
« - Ecoute, Georges, il faut qu’on parle.
- Mais oui Mimine, ce soir à l’apéro.
- Non, Georges, c’est maintenant, là, tout de suite. Tu te défiles tout le temps dès que je veux te parler de certaines choses. Il faut pourtant le faire… »
Je n’insiste pas : tous les mecs qui lisent ces lignes m’auront compris : quand votre Dulcinée dit : « Il faut qu’on parle », c’est tout le monde aux abris !
Le frottement dans des mots n'engendre que souffrance et division : on a fait toute une théorie de l’incommunicabilité. Oui, bien sûr. Mais il y a des circonstances où se comprendre ne change rien, où les mots ne servent à rien pour régler un conflit : qu’est-ce qu’on change avec des mots ? Pire encore : plus on se comprends et plus on se déteste ; la seule façon de changer l’ordre des choses et des gens, ce n’est pas de leur parler : c’est de leur faire quelque chose.
« - Georges, tu m’as mentis quand tu m’as dit que tu allais passer la soirée chez Alex : il t’a appelé croyant te trouver à la maison. D’ailleurs quant tu es rentré à 4h du matin tu sentais un parfum de femme. Tu me trompes Georges ; dis-moi qu’est-ce que je t’ai fait pour mériter ça ?
- Tais-toi, Mimine, et viens, viens contre mon cœur. Ecoute comme il bat pour toi… »
Vous, les amoureux, copulez sans parler, les caresses se passent du verbe.
D’ailleurs il a eu besoin de se faire chair pour sauver l’humanité (1).
(1) Le verbe qui s’est fait chair : voir ceci . Sur « La chair contre la chair » : voir citation du 26 juillet. Sur l’inutilité des mots, voir citation du 11 et du 28 mars 2007.
Tuesday, July 25, 2006
Citation du 26 juillet 2006
Quand mon corps sur ton corps / Lourd comme un cheval mort / Ne sait pas ne sait plus / Si il existe encore
Johnny Hallyday - Que je t’aime ! 1969
Moi j'ai ta chair / Contre ma chair, / En ça je crois
Johnny Hallyday Vivre pour le meilleur 1999
Pourquoi en trente ans Johnny Hallyday passe-t-il du corps à la chair ? Pour quoi le corps est-il "lourd comme un cheval mort", alors que la chair est l’objet de croyance ? Et puis, comment fait-il pour toucher la chair sans toucher la peau ?
Bref, l’œuvre de Johnny requiert l’analyse du philologue et la réflexion du philosophe.
Petite explication de texte.
D’abord le corps est sur le corps parce que c’est encore la position la plus simple pour copuler (Oh ! Johnny !!!) ; et il est lourd comme un cheval mort parce qu’il a fini sa petite affaire : (« quand a fait l’amour comme d’autres font la guerre ») : ce corps, c’est l’organisme, défini par sa structure morphologique, identiquement présent chez l’homme et chez l’animal (et voilà encore le cheval mort).
Qu’est-ce que la chair ? Selon mon dictionnaire, c’est la substance mole du corps par opposition au squelette ; synonyme : viande. Essayons : « Moi j’ai ta viande / Contre ma viande… ». Non, ça ne marche pas. Autre sens : nature humaine. Hum… je n’y crois pas non plus. Dernière possibilité : la chair est le siège des instincts ; là, ça pourrait marcher. Elle est la dimension labile, volatile et intime du corps : elle n’existe que dans l’excitation alors que le corps est permanent : la chair est bien le corps, mais en tant qu’il est parcouru par le frisson du désir.
Et maintenant nous pouvons comprendre : si Johnny « croit » « en ça », c’est que, voyez-vous, à plus de 60 ans, il faut s’impliquer un peu pour y arriver…
Conclusion : Johnny chante son amour dans la phase pré-orgasmique trente ans après avoir l’avoir décrit dans son apaisement post-orgasmique. Voilà pourquoi on ne comprenait pas tout de suite.
C.Q.F.D.

