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Tuesday, June 27, 2017

Citation du 28 juin 2017

Nous continuons à vivre ensemble, mais ça fait bien longtemps qu’on ne s’aime plus
Xavier Bertrand (interview au JDD du 25 juin 2017)
Ces paroles désabusées ont été prononcées à propos du parti Les Républicains à l’occasion des dissensions qui accompagnent leurs échecs répétés aux différentes élections : les électeurs sont partis ailleurs et certains « militants » qui se disent prêts à prendre la tête du parti sont des amants volages qui dans le même temps envoient des billets doux au parti de Marine Le Pen – à moins que ce ne soit à Edouard Philippe..
… Qu’on se rassure : je ne vais pas entrer dans un débat concernant la droite française et ses nouveaux avatars libéraux. Je me contenterai de prendre au premier degré notre Citation-du-jour : oui, il y a des couples qui vivent ensemble mais qui ne s’aiment plus depuis longtemps.
Et alors ? A quel moment devrait-on s’arrêter et dire : « Stop ! Nous n’avons toi et moi plus rien en commun : il est temps de nous séparer » ? Comment savoir où l’on en est ? Où se situe le Rubicon de la séparation ?
Et bien, c’est très simple : sortez la carte de tendre et regardez où vous en êtes :
Image

Carte de Tendre – « Représentation topographique et allégorique » des différentes étapes de la vie amoureuse selon les Précieuses du 17ème siècle
Etes-vous sur l’itinéraire : Négligence–tiédeur–oubli ?  Alors, attention !  Vous allez droit au Lac d’indifférence, et si vous tombez dedans plus d’espoir d’en sortir.
Mais quoi ? Je vous vois retournant la carte dans tous les sens incapable que vous êtes de vous situer quelque part là dessus.

Ah !... Vous réclamez un GPS d’amour pour vous situer sur la carte de Tendre… Pourquoi pas ? Mais méfiez-vous : ça risque bien d’être une charlatanerie de plus.

Friday, September 09, 2016

Citation du 10 septembre 2016

Qu'on soit de droite ou qu'on soit de gauche, on est toujours hémiplégique.
Raymond Aron
Je ne suis ni de droite ni de gauche
Emmanuel Macron
La phrase de Raymond Aron est très éclairante : il faudrait cumuler les qualités de chaque tendance politique pour en évacuer les défauts. Par exemple, avoir le sens de l’autorité de la droite et l’amour de la justice comme la gauche, permettrait de faire régner la justice avec autorité.
Ce qui suppose
1 – Que les qualités des uns et des autres puissent se cumuler.
2 – Que la somme de ces qualités neutralise la somme de leurs défauts.
o-o-o
Maintenant la phrase d’Emmanuel Macron peut aussi signifier que justement ces deux conditions sont irréalisables et donc qu’il faudrait inventer un nouveau modèle qui ne reprenne rien des modèles précédents. C’est ce qu’on entend un peu partout en ce moment : sortons des organisations partisanes et réunissons tous les hommes de bonne volonté. On rêve alors d’une communauté humaine animée par l’intuition collective du juste, du beau et du bon, un peu comme Descartes lorsqu’il affirmait que « le bon sens est le chose du monde la mieux partagée ». On sait que, pour que le règne de la raison advienne, il  y a avait selon lui l’étape préalable de l’apprentissage de la méthode, ce qui obligeait à mettre de côté les émotions et les passions qui détraquent tout dans la pensée.


« Je ne suis ni de droite ni de gauche »… Si les gens sont un peu fatigués de ces déclarations péremptoires des politiques, c’est qu’ils y voient justement non pas une invitation à dépasser les organisations partisanes, mais plutôt à oublier l’évidence : à savoir que le politique suppose toujours des partis conçus comme des organisations structurées, c’est-à-dire des hommes qui pensent et d’autres qui exécutent. Préférons Raymond Aron qui ne nous invite pas à façonner un nouveau parti, mais bien à prendre la mesure de ceux qui existent. Si nous revenons à notre introduction, rien ne nous garantit en effet qu’il soit possible de cumuler les avantages et de neutraliser les inconvénients. On l’a bien vu, quand le gouvernement a voulu favoriser les entreprises : les travailleurs se sont levés en criant : « Et nous-et-nous ! ». Et réciproquement.

Friday, May 06, 2016

Citation du 7 mai 2016

Des petits partis qui cuisent leur petite soupe au coin de leur feu.
Charles de Gaulle – Discours de Vincennes - 5 octobre 1947

ImageAlors, voilà : nous sommes en 1947, la France en ruine s’efforce de se relever et elle ne le pourra pas sans une aide extérieure. L’union nationale est de toute évidence une nécessité absolue. Et que fait-elle ? Elle se divise en petits partis politiques (et on comprend que cette petitesse est l’effet de leur médiocrité) qui se partagent un pouvoir qui risque de s’exercer encore longtemps sur un champ de ruines.

De Gaulle n’est plus et sans doute n’aurait-il pas pu aujourd’hui faire plus qu’en 1947 (= se retirer "dans sa campagne") ; mais de toute manière nous sommes maintenant lucides : plus besoin de grand homme pour deviner où nous allons.
Sans donner dans le misérabilisme, la France va en s’affaiblissant et si la pente sur la quelle elle glisse est douce, elle n’en est pas moins inexorable. Et que font nos partis politiques ? Ils s’acharnent les uns contre les autres (et parfois simplement contre eux-mêmes), chacun s’efforçant de dézinguer l’autre, condamnant les mesures prise par le pouvoir sachant que quand ils y accèderont ils feront de même. On se demande pourquoi, à supposer que ce soit efficient, les français ne parviennent pas à ces compromis qui rendent possible un gouvernement d’union nationale ? Sans doute n’avons-nous pas cette culture-là parce que notre nation est issue de la Révolution et que pour nous rien ne peut se faire sans actionner la guillotine.
Et si, pour le 21ème siècle on la remisait au placard ? (1)
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(1) Pour détendre l’atmosphère, quelques synonymes populaires de la « guillotine » :
abbaye de Monte-à-Regret, bascule, bécane, béquillarde, bois de justice, lunette, massicot, monte-à-regret, abbaye de Saint-Pierre  (argotique), bascule à Charlot  (argotique), coupe-cigare  (argotique), faucheuse  (argotique), louisette  (vieux), louison  (vieux), panier de son  (argotique), veuve  (argotique).
Encore un peu ? D’autres expressions pour dire « se faire guillotiner » :
- Eternuer dans la sciure, dans le bac, dans la bassine...
- Se faire raccourcir... d'une tête, de 30 centimètres...
- Se faire décolleter la gargane, couper le sifflet, ou le kiki...(s'emploie aussi pour "se faire égorger").
- Mettre (ou passer) la tête (ou autre mot d'argot signifiant tête) dans la lunette, la lucarne, au guichet...

- Se faire photographier... Cette expression vient du fait que le 1er aide exécuteur (celui qui tire la tête du condamné au travers de la lunette) est surnommé le "photographe"....

Saturday, March 12, 2016

Citation du 13 mars 2016

Les parties extrêmes ne peuvent régner. Ils ne servent que de frontières pour délimiter les positions du centre.
Louis Latzarus – La Politique (1928)
Ah… qu’on aimerait que ce soit vrai… Que les partis extrémistes ne soient là que comme des balises pour signaler qu’il ne faut pas les franchir… Que leurs adeptes ne soient que des provocateurs qui veulent faire parler d’eux…

Image


Plaque RATP – Trouvé sur le site trangression.fr
Oui, on y a tellement cru qu’aujourd’hui on découvre avec effarement que plein de gens se prononcent pour le vote FN, ce qui paraît proprement incroyable. Et pourquoi ? Simplement parce qu’on s’est dit que de telles opinions ne pouvaient séduire un honnête citoyen et qu’il s’agissait seulement de nous montrer ce que c’est d’être républicain en nous montrant un programme qui se proposait de refuser à certains citoyens de jouir de certains droits selon leur origine ethnique ou leurs pratiques religieuse.
Hélas non ! Notre auteur-du-jour s’est trompé, les partis extrêmes sont bel et bien des partis comme les autres, qui ont des adeptes tout à fait sincères, peut-être plus encore que ceux des autres partis. On a même donné un nom au mouvement qui porte un citoyen quelconque vers un choix politique extrême : on  appelle ça la radicalisation.

Alors, cet homme serait-il quand même un transgressif pathologique ? Un provocateur qui balance comme ça « Moi, je vote FN ! » comme en d’autre temps il aurait crié « Ni Dieu ni Maitre ! » ? En fait le choix des extrêmes en politique, s’il faut le prendre au sérieux est une attitude qui s’explique par une vision du monde différente de la « normale » (ou l’ordinaire si vous préférez). Cette vision, qu’elle soit religieuse ou idéologique, elle nous donne à croire que le monde doit être changé et surtout,  qu’il peut l’être

Sunday, May 25, 2014

Citation du 26 mai 2014



Au secours ! La droite revient.
Slogan du Parti socialiste (pour les élections législatives (perdues) de 1986)

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J’en connais qui vont dire : Ah bon ? Elle était donc partie ?
Et d’autres : - Ce n’est pas la droite qui revient, c’est l’extrême droite qui arrive.
Laissons pour aujourd’hui cette question du retour – de l’éternel retour – des tendances historiques : on en reparle demain. Et intéressons-nous aux slogans politiques.
Si malgré une certaine lassitude, le fait politique continue de vous intéresser, voyez cette page Wiki, où sont rassemblés un certain nombre de slogans de campagnes électorales avec… le résultat obtenu aux élections.
- Avec ce slogan de 1986, on a affaire à une étrange manipulation : il s’agit d’un slogan de campagne, c’est-à-dire que ces affiches ont été placardées par la gauche, avant l’élection, pour  annoncer … la défaite de la gauche elle-même !
Fallait-il entendre que le Parti Socialiste, avant même d’être redevenu minoritaire, donnait déjà rendez-vous à ses électeurs pour la prochaine élection ? (1) Non, évidemment, le message était d’abord celui d’une ultime mobilisation. Ce que la femme de l’affiche – une sorte de Mère Denis du balais brosse – veut nous dire c’est : 5 ans, ça ne suffit pas ! On sort à peine de la liesse populaire de la victoire de 81 : ce n’est pas pour mettre à  nouveau au pouvoir les politiciens de l’ancienne France, ceux des scandales des promoteurs immobiliers, des diamants de Giscard, des affaires de la Françafrique.
Il faut se rappeler de cela pour mesurer le changement par rapport à aujourd’hui : non seulement nous savons que depuis 30 ans la règle c’est que le parti au pouvoir en est chassé par les élections suivantes, mais surtout – Ah ! oui, surtout – qu’on a progressivement perdu les repères qui permettraient d’évaluer le changement.
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(1) La présidentielle de 88 effectivement remportée par François Mitterrand.