Les chances de survie de l'humanité étaient infiniment supérieures quand nous étions sans défense contre les tigres qu'elles ne le sont aujourd'hui où nous sommes sans défense contre nous-mêmes.
Thursday, July 31, 2014
Citation du 1er août 2014
Les chances de survie de l'humanité étaient infiniment supérieures quand nous étions sans défense contre les tigres qu'elles ne le sont aujourd'hui où nous sommes sans défense contre nous-mêmes.
Friday, August 30, 2013
Citation du 31 août 2013
Buvons un coup, Buvons en deux, / À la santé des amoureux ! / À la santé du Roi de France, / Et merde pour le roi d’Angleterre / Qui nous a déclaré la guerre !
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N.B. Je reprends ce Post pour ajouter que nous - nous les Français - nous aussi avons été les ennemis héréditaires de quelques patriotes étrangers. Je me suis laissé dire que nous avons été les ennemis héréditaires des allemands - du moins de ceux qui allaient le devenir - à l'époque de Louis XIV qui leur a fauché Strasbourg sans aucun respect du traité de Westphalie et des équilibres qu'il avait péniblement établis.
Friday, December 07, 2012
Citation du 8 décembre 2012
Thursday, July 14, 2011
Citation du 15 juillet 2011
L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat.
Sun Tzu – L'Art de la guerre
La guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens.
Carl von Clausewitz (déjà cité le 23-07-2006)
Voilà deux citations qui s’opposent, car si l’une fait de la guerre l’ultima ratio (1), le dernier et ultime moyen pour amener une nation à se plier à notre volonté, l’autre en revanche estime que la guerre elle-même englobe cet art de la diplomatie – ou de la ruse – qui peut contourner la violence.
Peut-être ai-je parlé un peu vite. Car, durant la guerre, la ruse n’est pas forcément une forme de diplomatie. Supposons que l’on parvienne à persuader l’ennemi qu’on dispose de forces très supérieur aux siennes et que, grâce à cela, on obtienne sa reddition : ce n’est certes pas de la diplomatie, et pourtant, comme le dit Sun Tzu, on est arrivé à soumettre l'ennemi sans combat.
En fait, le problème est de savoir quand – et donc pourquoi – on déclenche une guerre. Clausewitz parait bien optimiste quand il estime que la guerre vienne après la diplomatie, qu’elle est toujours l’ultima ratio. Pourtant, combien de guerres se sont déclenchées sans négociations – sans même de déclaration ? On se rappelle Pearl Harbour.
Reste que l’ennemi est alors déjà défini, et qu’en général on sait qui est notre ennemi et pourquoi : les américains en 1941 savaient bien qu’ils avaient quelques soucis à se faire à propos du Japon.
Mais par contre et pour évoquer la même période, les français de 1939 ne savaient pas tous que les allemands étaient leurs ennemis. Leur pacifisme – en réalité leur refus de la guerre – était lié à ce qu’ils ne voyaient vraiment pas pourquoi les allemands pourraient vouloir leur faire la guerre : n’avaient-ils pas le même ennemi que nous : les bolchevicks ? (2). Faire la guerre à l’URSS, pourquoi pas ? Mais faire la guerre à Hitler, pourquoi donc ?
Nous comprenons alors que la guerre est un acte de politique intérieure autant que de politique extérieure. Avant toute chose, il faut déjà persuader le peuple que celui à qui on déclare la guerre est bien notre ennemi.
Ah… J’oubliais : il faut aussi le persuader qu’il est suffisamment notre ennemi pour justifier les sacrifices qu’on consent pour lui faire la guerre.
Et ça, c’est ce qui commence à faire défaut dans les engagements de l’armée française aujourd’hui.
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(1) C'était une des maximes de Richelieu que le canon est l'ultima ratio des rois. Lire la suite
(2) D’où la stupeur lors de la signature du pacte Germano-soviétique (23 aout 1939) – mais il était déjà trop tard pour comprendre, la guerre était à nos portes (3 septembre 1939)
Friday, April 15, 2011
Citation du 16 avril 2011
L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui !
Pierre Desproges
Je t’aime – Tu me hais.
La haine, tout comme l’amour est un sentiment qui peut ne pas être partagé. Mais à la différence de l’amour, qui veut absolument l’être, la haine se sent mieux d’être à sens unique – et encore, à condition que ça vienne de l’autre. L'ennemi ce n’est pas nous, c'est lui !
Car si l’amour peut en effet être comme on l’a dit non partagé, il exige pourtant de l’être : je veux être aimé aussi fort que j’aime. Le doute sur l’amour que nous porte l’autre est un poison qui ruine la vie de l’amoureux.
Par contre, si je pense qu’un homme cherche à me nuire, ma propre violence n’aura pas la même signification que la sienne. Nous pensons qu’il nous hait par pure malignité, qu’il nous nuit gratuitement, comme par plaisir. Par contre, si nous l’agressons ce n’est jamais que par défense, pour l’empêcher de nous nuire et pas plus. D’ailleurs ce qui s’aperçoit au niveau des individus se voit en pleine lumière au niveau des Etats : les ministères de la guerre ont laissé depuis longtemps la place aux ministères de la Défense nationale.
Ce qui se manifeste ici, c’est la dénégation (comme disent les psys) de notre propre violence. Entendons : notre tendance à être violent et à faire souffrir les autres n’est jamais reconnue pour ce qu’elle est – un plaisir. Nous avons besoin de justifications pour faire souffrir les autres, et pendant bien longtemps nous avons trouvé cette justification dans les sentences judiciaires. Les supplices étaient un spectacle et y assister n’avait sans doute aucun résultat du point de vue de l’édification morale et judiciaire. Et la suppression des exécutions publiques (qui continue d’exister dans certains pays) résulta des manifestations de liesse lors de la mise à mort du condamné.
Quant à nous, nous ne pratiquons plus le lynchage que sous sa forme médiatique : on comprend la déception.
Sunday, July 11, 2010
Citation du 12 juillet 2010
Il faut avoir des amis et des ennemis ; des amis pour nous apprendre notre devoir, et des ennemis pour nous obliger à le faire.
Plutarque
Quiconque a le courage de paraître ce qu’il est, deviendra tôt ou tard ce qu’il doit être.
Rousseau - Lettre à Sophie d'Houdetot (cité le 24-6-2006)
Plutarque et Rousseau : ce n’est pas de trop de ces deux grands hommes pour nous rappeler que devenir vertueux n’est pas un devoir auquel on se plie avec enthousiasme. Il nous faut une contrainte.
Pour Rousseau, la transparence, en nous livrant aux yeux de tous tels que nous sommes, nous force à devenir irréprochables pour éviter la honte de l’opprobre.
Quant à Plutarque, il imagine sans doute que cette transparence étant peu fréquente, mieux vaut s’en remettre à l’examen tatillon et soupçonneux de nos ennemis.
Bref : faute d’avoir le courage dont parle Rousseau, tâchons de nous faire des ennemis fidèles.
Oui, mais : pourquoi diable faudrait-il en arriver là ? La vertu et le devoir sont-ils si rebutants qu’on ne puisse s’y conformer sans contrainte ? Faut-il donc évoquer la corruption du péché originel pour comprendre que notre nature répugne à ce point à vivre moralement ?
Beaucoup de moralistes l’on cru : « Choisissez, disent-ils, le chemin le plus dur, le plus escarpé, celui qui va vous écorcher les pieds et harasser vos muscles. Là est le devoir, là est le bien. »
On est alors dans la morale de l’obligation, de la contrainte – celle dont Bergson disait qu’elle est une morale « close ».
Mais il existe aussi une morale « ouverte », celle qui suscite une aspiration au dépassement de soi, celle qui est éveillée par « l’appel du héros ».
Ici, point de devoir, point de contrainte, tout effort est consenti dans la légèreté – consenti parce que c’est à l’appel du héros ou du saint qu’on répond. Un peu comme quand Jésus dit à son disciple Thomas : Je suis le chemin, la vérité, et la vie (1).
Reste qu’il vaut mieux ne pas se tromper de saint ou de héros.
(1) Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Jean, 14-6
Sunday, May 07, 2006
Citation du 8 mai 2006
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine,
Et, malgré vous, nous resterons français.
Vous avez pu germaniser la plaine,
Mais notre coeur vous ne l'aurez jamais.
Paroles : Gaston Villemer et Henri Nazet Musique : Ben Tayoux (1871)
Halte-là ! En ce jour du 8 mai je lance un cri de révolte et d’avertissement.
La paix est une mauvaise chose, elle va contre la nature des sociétés, elle les fragilise et les désoriente, elle les laisse désarmées devant les épreuves de l’Histoire. Pas de réconciliation, pas de consensus mou ! Il faut bander nos muscles, exacerber nos passions, exercer notre habileté aux armes, apprendre aux plus jeunes contre qui ils doivent déchaîner leur violence, qui ils doivent massacrer, qui ils peuvent violer. Il nous faut de la barbarie au-delà des frontière, pour être bien sûr qu’elle n’est pas chez nous. …
Bref. Il nous faut un ennemi, héréditaire ou non, peu importe, dont l’existence soit un stimulant de notre propre existence, qui nous empêche de dégénérer, qui stimule et canalise en même temps nos plus bas instincts, ceux dont Nietzsche dit qu’ils sont néanmoins indispensables à la vie.
Rappelons-nous les thèses de René Girard (même si elles sont un peu passées de mode) : comme la violence est inévitable dans la société, il faut qu’elle puisse s’exprimer, et pour cela il lui faut une victime émissaire (bouc émissaire ou pharmakos (1)). Nos sociétés modernes ne dérogent pas à cette règle, seulement elles n’ont plus d’institution pour la prendre en charge : voilà cette violence qui ne sait plus où aller parce que personne ne l’oriente vers un but qui soit neutre ou qui soit récupérable pour le bien de la société : c’est l’anarchie assurée ! Voyez les émeutes de novembre. Il a suffit de parler de racaille et de Kärcher pour que tout s’enflamme, comme si le brasier était déjà prêt, n’attendant que l’étincelle pour s’enflammer.
Nicolas Sarkozy : le pharmakos des banlieues ! Voilà un titre tout trouvé pour Libé le Figaro !
(1) A Athènes, on entretenait à grand frais par prévoyance quelques malheureux destinés au sacrifice. Lors d'une calamité, cette victime sacrificielle : le pharmakos, était promenée dans la ville puis tuée ou chassée.