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dimanche 20 août 2017

Pour saluer Max Frisch


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1. Êtes-vous certain que la conservation de l’espèce humaine, une fois disparus toutes vos connaissances et vous-même, vous intéresse réellement ?

2. Pourquoi ? Réponse en style télégraphique.


Max Frisch, Questionnaire,
trad. Michèle et Jean Tailleur, éd. Cent pages


Je ne lisais à cette époque que des écrivains allemands, suisses, autrichiens, nordiques, et un Roumain de Paris… Parmi ces lectures, celle de Max Frisch dont je dévorai tout ce qui était publié en français, de son journal aux récits autobiographiques sans cosmétique, les romans philosophiques, et même un peu de son théâtre. Je n'ai pas rouvert un de ses livres depuis plus de vingt ans, mais suis tombé sur cette émission de France culture, qui fait ce qu'elle peut et émerger quelques souvenirs me laissant penser que les heures consacrées à l'auteur de Montauk étaient le bon temps…




En 1983, lors d'un passage à Paris sur invitation de l'inénarrable Lang, Michel Contat s'entretenait avec Max Frisch pour la RTS. Il y était question de culture européenne, de la Chine, du rôle de l'écrivain… Ça peut se regarder par  ici
Un Journal berlinois tenu entre 1973 et 1974 a été publié chez Zoé l'an dernier. De même, un recueil d'interventions de l'auteur, intitulé Le Public comme partenaire paraissait aux éditions d'En Bas.

vendredi 12 mai 2017

Un monde perdu

Jugé trop cynique, le jeune Aki Kaurismaki est recalé de l'école de cinéma d'Helsinki. Après divers métiers (ouvrier, manutentionnaire, facteur..) il se rabat sur celui de comédien dans les films de son frère, Mika, et enfin sur celui de réalisateur dès 1983 avec... une adaptation de Crime et Châtiment... 




Je crois que je découvre son cinéma en travaillant pour un festival espagnol puis lorsque Philippe, féru de Cioran, Dagerman, Bergman et de cinéma nordique — et malheureusement pour lui de jeunes Scandinaves, mais c'est une autre histoire — me parle de Shadows in Paradise et Ariel qu'il a pu savourer, il me semble, à Rouen et son Festival du cinéma nordique, aujoud'hui disparu. Je ne sais plus dans quel ordre je vois ces films. Mais me souviens parfaitement de la claque reçue par La Fille aux allumettes. Le "cynique" avait prétendu qu'à côté de ce film, Bresson, c'était du petit lait – quelque chose dans ce goût. Radical mais partagé entre Lubitsch et le théoricien du cinématographe, je trouve alors chez Kaurismaki à la fois l'exigence de la mise en scène, des préoccupations politiques proches des miennes, et l'apparente légèreté du propos. Revoir aujourd'hui ces images, celle d'un monde ouvrier sans représentation et caricaturé en électorat frontiste, impensables à l'heure d'une société start-upisée, n'est pas sans provoquer sourire, plaisir et envie de meurtre...