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mardi 20 juin 2017
vendredi 14 août 2015
Fever
Nous étions plongés hier soir, ma blonde et moi, profitant d'une accalmie de la température – la mienne, pas celle de l'environnement – dans le psychédélisme de la fin des années soixante – la température, humaine, aidant à y entrer, il est vrai. Pour des raisons bien utiles et qu'il est inutile de préciser ici, nous recherchions les morceaux qui avaient marqué 1968. Du côté français, de préférence. Et en plein cœur de cette quête, nous réapparut ce groupe effrontément nommé les Irresistibles et cette merveille de mélodie composée par William Sheller.
Mes forces m'ont ensuite lâché. Je suis retourné me retourner et me retourner tout seul dans mon matelas une place – j'ai noyé le lit conjugal de mes sueurs malades – posé à même le sol devant mon bureau, et la nuit, cette chanson a pris sur elle les fièvres rituelles qui depuis bientôt quinze jours ont fait de moi un ectoplasme mou. Vers quatre heures, j'ai écrit. Dans ma tête. La seule histoire qu'il me faille conter. C'était beaucoup mieux que lorsque je m'y essaie devant un clavier et un écran. N'y tenant plus, j'ai allumé, pas envie d'ordi, cherché un cahier vierge, un stylo, bon, ben tant pis, un crayon, mal taillé encore, et ai noirci deux pages. Je me suis arrêté là, pour une première et dans mon état, n'en demandons pas trop, mais je sais que la suite m'attend cette nuit.
mercredi 26 novembre 2014
Tant qu'on a la santé
L'été dernier, pour un papier, je me suis entretenu avec quelques cinéastes. Certains que je connaissais, d'autres que je voyais pour la première fois. L'un d'eux m'intriguait depuis des années. Je me souviens avoir été marqué par un de ses courts métrages datant de l'époque de ma cinéphilie débutante et hésitante. Il y a donc plus de vingt ans. J'avais suivi sa carrière avec plus ou moins d'intérêt ne comprenant pas bien certains choix de sujets ou de productions. Et puis, l'an dernier, j'ai été sidéré par son film, l'un des plus beaux de ces derniers temps. J'aimais tout là-dedans. La lumière, les acteurs, les personnages, le propos, la mise en scène, la modestie et la grandeur. Un ami commun m'avait filé ses coordonnées et l'invitation fut immédiatement acceptée.
jeudi 13 novembre 2014
Canicule démocratique
C'était l'été de la canicule. En partant en vacances, nous ne savions pas combien notre vie allait changer. Nous avions pris le train pour Madrid, comme bien souvent. Mais cette fois, au lieu d'aller dans la famille de mon père, nous nous sommes retrouvés dans un village à une trentaine de kilomètres de la capitale. Des amis de mes parents s'étaient installés depuis peu dans cette région. Quelques années auparavant, nous avions failli partir avec eux en Australie. Miguel voulait tenter sa chance dans ce pays en plein essor. Il avait convaincu mon père de le suivre. Les passeports étaient faits, les visas obtenus, mais au dernier moment, ma mère s'y était opposée.En 1976, Miguel, dit El Málaga, était revenu en Europe et avait ouvert un atelier de menuiserie à Ajalvir. Les gamins qui avaient appris l'anglais après le français devaient maintenant parler castillan toute la journée. A peine quelques jours après notre arrivée, Miguel a persuadé mon père que la vie était ailleurs qu'à Paris. Qu'il était temps de rentrer au pays. Le vieux Caudillo était mort et la société espagnole ne demandait qu'à exploser. On ne parlait pas encore de Movida. Dans le village voisin, un bar-resto, fermé depuis peu, était à louer. Miguel et mon père n'ont eu aucun mal à convaincre le vieux proprio, dit el Trapero (le chiffonier). Ma mère, un peu moins. Elle voyait venir l'embrouille. Un alcoolique, fils d'alcoolique, reprenant un estaminet de village, ça ne sentait pas bon. Elle avait raison.Dans le bar, il y avait un flipper et un baby-foot. Et un jukebox, un truc que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et dans cette machine, ce 45 tours. Les Stones, ma mère n'aimait pas que j'écoute ça. Des drogués infréquentables. Les Beatles, à la rigueur, mais les Stones… Evidemment, on écoutait ce disque en boucle.
En découvrant ce clip aujourd'hui, je retrouve les senteurs de l'époque, notre torpeur face à un monde nouveau et ringard à nos yeux d'enfants, la folie qui flottait dans l'air à la veille des premières élections démocratiques depuis plus de 40 ans. On se faisait traiter de franchutes. Et il faudrait que je remette la main dessus, mais cette coupe de cheveux de Jagger, je crois qu'il existe une photo sur laquelle ma sœur a la même…On allait au lycée français de Madrid. Un bus nous y emmenait vers 6h00 du matin, endormis. On prenait un petit-déjeuner dans un café de la Plaza Castilla avant de filer en cours. Ça coûtait un bras. Et comme l'avait prévu ma mère, le peu de fric ramassé était liquidé par mon père. On a dû arrêter notre scolarité peu après l'hiver. Ma mère a tenu tout juste un an à ce rythme, avant de tomber malade. Elle a failli y passer. On a repris le train pour Paris le jour de la mort d'Elvis. Elle a retrouvé son boulot de femme de ménage, et mon père, celui de maçon. Mon frère et moi, on a redoublé. Et ici, on se faisait traiter désormais d'espingouins.J'ai mis du temps avant de vraiment découvrir la très riche discographie de ces Anglais infréquentables – ma mère était devenue trop respectable après avoir frôlé la mort.
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