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mardi 31 décembre 2019

Allez, rentre chez toi !

Ce soir, bien entendu, nous serons tous à notre poste, au garde-à-vous, devant le poste pour écouter notre jeune et beau guide, et si intelligent que le plus souvent nous sommes bien incapables de le suivre.
Aussi ne puis-je résister à poster ici un petit montage trouvé sur la plate-forme vidéo appartenant à une multinationale bien connue et bienfaitrice de l'humanité, plaquée sur une chanson tout de même très vulgaire, merde !, et homophobe, zut !, de l'ami Saez sur son dernier album. Avant que tout disparaisse...




Et en prime, en bonus, en exclusivité, et en avant-première, la chanson du même que tous nous reprendrons ce soir en chœur pour fêter la fin de cette année exécrable...

samedi 13 juillet 2019

Pour ne jamais l'oublier


les yeux trouillés à l'insomnie
larmes trop aiguisées par le combat
fenêtre ouverte sur la rue pour nos chats
je coupe les mots avec le café
le jour se lève sur la France
un siècle qui nous semble bien plus court
au fameux cimetière de nos amours
moi aussi je connais la danse 
le sourire des filles ne me fait plus rien 
depuis qu'il n'y a plus d'étoiles dans le ciel
mais ces notes entêtantes de piano
mais cette femme 
aux cheveux déjà blancs
avance son téléphone offert à tous
comme le font les adolescents
sous la fenêtre une ombre lumineuse
elle chante à tue-tête
plus belle que ces filles aux lèvres pulpeuses
A nos amours
à peine tombée des bras de son amant
pleure-t-elle les hommes perdus
ailleurs nous sommes déjà vus
je chante avec elle 
parce que vieux et fou
je sais qu'un jour 
moi aussi je l'aimerai 
et la quitterai
pour ne jamais l'oublier

Charles Brun, Je sais plus dans quoi





samedi 22 juin 2019

Par terre

Au pied du lit, m'attendent, peinards, quelques ouvrages récents que, veinard, je viens de recevoir et pense pouvoir lire bientôt. Bien entendu, on ne va pas se mentir, ces lectures ne risquent pas de me guérir de mes insomnies...


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Jean-Loup Trassard, Verdure,
éd. Le temps qu'il fait, 2019

Né à la campagne comme on le sait, l'auteur de L'Homme des haies s'est, dès les années 1970, inquiété du sort réservé aux arbres, ruisseaux, forêts, pillés, polués, défigurés..., et a livré ses observations ici et là (du journal municipal aux quotidiens et autres magazines et revues). Les excellentes éditions Le temps qu'il fait (salut à Armand Robin !) nous proposent aujourd'hui ce recueil de textes poétiques et politiques. Dans l'un d'eux, cette question sans illusion : « Si nous nous contentons d’envoyer une giclée d’encre à la face d’une telle imbécillité, croyez-vous que les ruisseaux et nous-mêmes pourrons continuer longtemps à suivre les méandres qui nous plaisent ? »



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Henri Calet, Mes impressions d'Afrique,
éd. PUL, 2019

Autre recueil qui semble indispensable, celui des écrits de Calet lors et après ses voyages en Afrique du nord lorsque au-dessus de l'Algérie et du Maroc flottaient encore le drapeau tricolore colonial. Réflexions, notes, textes inachevés, mais aussi entretiens autour du sujet. Cette publication est dirigée et présentée par Michel P. Schmitt, professeur émérite de littérature française à Lyon 2, spécialiste d’Henri Calet et déjà responsable des éditions de De ma lucarne (Gallimard, 2014) et plus récemment du sompteux Paris à la maraude (éd. des Cendres, 2018).





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Louis-Ferdinand Céline, Cahiers de prison
février-octobre 1946
, éd. Gallimard, 2019

Du fond de sa cellule 609, section K., de la prison de l'Ouest de Copenhague, Céline réclame de quoi écrire et finit par obtenir de l'administration pénitentière dix petits cahiers de 32 pages. Durant  environ un an, il évoque ses souvenirs de Montmartre et de Londres, les périples de l'exil, la « persécution » dont il se dit, sans rire, victime — « C'est moi maintenant le traître, le monstre, c'est moi qu'on s'apprête à lyncher » — mais aussi les livres que lui apporte Lucette : Chateaubriand, Hugo, Chamfort, Voltaire... Des écrits qui semblent annoncer la trilogie (D'un château l'autre, Nord et Rigodon) qui verra le jour 10 ans plus tard, ce que Jean Paul Louis, responsable de cette édition pour Les Cahiers de la NRF, nomme la « seconde révolution narrative et stylistique » de l'auteur de Mort à crédit... 


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Pier Paolo Pasolini, Entretiens (1949-1975),
éd. Delga, 2019

Lit-on encore Pasolini ? Je l'espère. Sous la direction de Maria Grazia Chiarcossi, ce choix d'entretiens sur une bonne vingtaine d'années, la plupart d'entre eux, est-il spécifié, inédits en français, pourrait être une première approche de la pensée du poète-cinéaste et sympathisant communiste, l'un des plus brillants analyste du monde contemporain et défenseur des cultures populaires en voie déjà d'extermination. Au cours de sa dernière prise de parole (éditée par Allia autrefois), PPP affirmait : « Les quelques personnes qui ont fait l’Histoire sont celles qui ont dit non, et non les courtisans et les valets des cardinaux. Pour être efficace, le refus doit être grand, et non petit, total, et non pas porter sur tel ou tel point, « absurde », contraire au bon sens. Eichmann, mon cher, avait énormément de bon sens. Qu’est-ce qui lui a fait défaut ? La capacité de dire non tout en haut, au sommet, dès le début, tandis qu’il accomplissait une tâche purement et ordinairement administrative, bureaucratique. Peut-être qu’il aura dit à ses amis que ce Himmler ne lui plaisait pas tant que ça. Il aura murmuré, comme on murmure dans les maisons d’édition, les journaux, chez les sous-dirigeants politiques et à la télévision. Ou bien il aura protesté parce que tel ou tel train s’arrêtait une fois par jour pour laisser les déportés faire leurs besoins et avaler un peu de pain et d’eau, alors qu’il aurait été plus fonctionnel ou économique de prévoir deux arrêts. Il n’a jamais enrayé la machine. Alors, trois questions se posent. Quelle est, comme tu dis, « la situation », et pour quelle raison devrait-on l’arrêter ou la détruire ? Et de quelle façon ? »



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Cédric Biagini et Patrick Marcolini (sous la dir. de),
Divertir pour dominer 2
, éd. L'échappée, 2019
Impossible suivre de près la richesse et la diversité des publications des éditions de l'Echappée — qui portent bien leur nom. Elles nous écraseraient ou du moins occuperaient l'essentiel de nos lectures tout au long de l'année. Ce dernier titre, suite d'un ouvrage paru il y a dix ans, consacrée aux addictions culturelles d'aujourd'hui et autres aliénations (séries, jeux vidéo, pornographie, consumérisme...) est des plus stimulants. De cette pile qui me nargue sur le parquet de la chambre, il est le premier volume dont je viens de commencer la lecture. Peu adepte des séries, je vais certainement y trouver la réponse à la question posée par un vieil ami il y a quelques jours. Le nombre de ces productions télévisuelles, addictives et formatées pour leur passage entrecoupé de pages de pub sur les petits écrans, ne cesse de croître alors même que la consommation de ces flux d'images s'éloigne toujours plus des traditionnels postes de télévision. Leur visionnage par téléchargements, légaux ou piratés, ou grâce aux coffrets DVD, n'offrent pas (encore ?) au consommateur le plaisir d'être, toutes les douze minutes, harcelé par ces marques qui financent la fabrication de ses images préférées. Partant, comment expliquer le succès et la surproduction toujours plus grande de ces objets sans y déceler un projet désormais essentiellement politique ? 


jeudi 6 juin 2019

Retour au réel…

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Liu Heung Shing

Notre président ne rate jamais une occasion de nous amuser. Jamais. Le jour de sa participation aux commémorations du 75ᵉ anniversaire du Débarquement allié en Normandie, un communiqué de l'Elysée laissait entendre qu'aux yeux de Macron « entretenir l’esprit de combat de la Résistance participe aussi de l’art d’être Français ».
2 400 blessés, une femme tuée, 23 éborgnés, 5 amputés, un testicule amputé, des pertes d’odorat…, le bilan provisoire du mouvement dit des Gilets jaunes serait d'ailleurs, selon Laurent Nunez, secrétaire d’État à l’Intérieur, purement anecdotique, le prix de la liberté en quelque sorte. Ce brave homme affirmait récemment sans rire : « Nous n’avons pas de regret sur la façon dont nous avons mené l’ordre public et la sécurité publique (...) Ce n’est pas parce qu’une main a été arrachée, parce qu’un œil a été éborgné, que la violence est illégale »…


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République exemplaire, vous vous souvenez ? C'était ça ou le fascisme...
La semaine dernière, nous apprenions que plus de la moitié des membres du gouvernement d'Edouard Philippe avait subi un redressement fiscal en 2018. En haut lieu — la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, en l'occurrence — on s'empressait de nous indiquer que ces étourdis étaient tous de bonne foi et que tout est dû à un système fiscal en France très complexe.
Hier, la presse titrait sur les ennuis de l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, visé par une enquête pour détournement de fonds publics avec, à la clé, des emplois municipaux fictifs de son ex-compagne durant plus d'une vingtaine d'années… Pour sa défense, le vieux briscard dénonçait un complot destiné à lui faire perdre la mairie de Lyon aux élections muncipales de 2020. Qui pourrait en douter ?

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République exemplaire toujours avec cet autre détournement de fonds, et de propos, autour du fameux Grand débat national, que certains esprits pernicieux ont qualifié de campagne orchestrée par La République en marche (vers quoi ?) en vue des Européennes, et dont le coût s'élève, officiellement, à 12 millions d'euros —« c’est le coût de la démocratie », disait l'un des ministres chargé de la coordination de la chose. Etrangement, l'after de ces réunions publiques surmédiatisées et agrémentées de longs monologues d'un mauvais comédien que ne renierait aucun dirigeant caricatural d'une république bananière ne semble plus intéresser grand-monde, du moins aucun média. Nous sommes passés à autre chose. De plus, c'est bientôt les vacances.

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Dès le début de ce mois de juin, les tarifs d'électricité augmentent de près de 8%. Au nom de la concurrence, nous dit-on. Et puis, ce n'était pas au programme du Grand débat. Faut suivre.
Ces prochains jours, le Parlement devrait se pencher sur le projet de loi « contre la haine sur Internet », inspiré par une disposition allemande de 2017, appelée NetzDG, et qui imposera aux principaux réseaux sociaux de retirer ou de rendre inaccessible dans un délai maximal de 24 heures après notification de la police ou du public tout contenu haineux sur le net, sous peine d’une amende de 4% de leur chiffre d’affaire. Autrement dit, la justice publique sera à terme, dans l'indifférence générale, remplacée par Facebook, Google ou Twitter, entreprises comme on le sait citoyennes et philanthropes…
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Produit des réseaux sociaux, des sponsors à gogo, et accessoirement du football brésilien, Neymar jr., que l'on ne présente plus, s'est de nouveau, la nuit dernière blessé à la cheville après 20 minutes de jeu lors d'un match amical contre le Qatar dont il est le porte-étendard grassement rémunéré. Une énième blessure qui tombe bien pour l'homme que l'on surnomme au Brésil Cai Cai (du verbe tomber) en raison de ses simulations de souffrance à répétition sur les pelouses. Ce pauvre attaquant qui, à 27 ans, tarde à démontrer les espoirs placés en lui dès son plus jeune âge par l'impitoyable machine du foot-business, va pouvoir se consacrer à sa défense. Depuis quelques jours, Ney est dans la tourmente, on le sait. Accusé d'agression et de viol par une jeune compatriote se prétendant mannequin, "rencontrée" sur internet et dont il a payé le billet d'avion et le séjour à Paris pour la connaître en profondeur, la star du PSG plaide, elle aussi, non-coupable. Dans une vidéo postée sur la toile, le joueur affirmait il y a quelques jours être tombé dans un piège mais s'enfonçait légèrement en filmant l'écran de son téléphone, nous permettant d'assister aux échanges virtuels entre ces deux jeunes gens dont des photos et des vidéos évocatrices. Alors que son père, qui officie également comme son agent, organise la communication de la star après avoir tenté d'arranger l'affaire à coup de biftons discretos, la mère somme son rejeton de revenir vers Jésus : « Mon fils, maintenant que la vérité de Dieu est en train de remonter à la surface, c'est le moment de tirer des leçons de tout ça et de revenir vers Jésus, ton premier amour », lui a-t-elle déclaré, toujours par réseaux sociaux interposés. L'éternel espoir et insatiable fêtard, devrait désormais répondre de deux chefs d'accusation : le présumé viol et la divulgation d'images intimes de la jeune mannequin de la toile sans son consentement.
On en était là de cette histoire sordide et pathétique lorsque je découvre ce matin que tout pourrait se retourner finalement contre la jeune femme, déjà lâchée par ses avocats en raison de contradictions flagrantes dans le récit qu'elle fit de cette fameuse nuit agitée. La victime n'a rien trouvé de mieux que de poster à son tour une vidéo tournée dans la chambre du palace parisien… le soir suivant le viol. On y voit Neymar s'allonger sur le lit, le "mannequin" lui grimper dessus et lui administrer une série de torgnoles. Le présumé violeur de la veille implore la gifleuse, les larmes dans la voix, de ne pas le frapper. C'est tout juste s'il n'appelle pas à l'aide son papa. La vidéo dure 7 minutes, nous dit-on, et devrait nous être proposée tout au long de l'été comme une sorte de télé-réalité encore plus vraie que la plus vraie des télé-réalités. Non, mais allô, quoi...
Fort heureusement, les femmes vont tout de même être à l'honneur avec le Mondial de foot féminin qui se tient en France et débute sous peu
Apaga y vamonos, comme on dit au pays de mes parents.


mardi 9 décembre 2014

Ministère de l'inculture

Tiens, surprise de la toile, je viens de tomber sur des images un peu bancales et foutraques du concert de Damien Saez aux Francofolies, et le passage où l'idole de mes filles fait une déclaration d'amour au Ministère de la culture. Cela ne date pas d'hier, c'était déjà en juillet 2013, la veille de notre belle fête nationale. Mais le discours peut également convenir à Madame la ministre actuelle. On s'était bien marré, en tous cas...