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mardi 22 octobre 2024

Aucun respect

"Ce jour-là aurait dû compter dans l'histoire de la presse française, mais il semble bien que l'oubli a recouvert la folle tentative d’Émile Bréguier. En effet, le 6 janvier 1913, un lundi, jour des Rois, alors que Charles Péguy s'enflammait pour le 501ème anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc (...Bien prise en sa cuirasse et droite sur l’arçon,/Priant sur le pommeau de son estramaçon, /Après neuf cent vingt ans la fille au dur corsage... ), Emile Bréguier, rentier tourangeau arborant gaillardement une cinquantaine frémissante, sortait le premier numéro de son Journal des Bonnes Nouvelles. Foin, déclarait-il dans son éditorial, de tous ces faits divers sinistres dont la presse regorge, guerres, épidémies, accidents, catastrophes qui sont la pâtée commune distribuée à nos congénères. Place, continuait-il, aux bonnes nouvelles, aux guérisons heureuses, à la joie, à la félicité, aux avancées glorieuses de la science et de l'humanité, oui aux miracles, aux sauvetages, aux succès multiples, à la communion des peuples et des individus. Le tout sur trois quarts de page, finement illustré par une gravure de Louis Fumey, représentant une colombe volant au-dessus des eaux déchaînées de l'Atlantique. "

Gabrielle et le tueur des berges de Seine (roman inédit)

Il me semble que je n'ai jamais autant lu qu'en ce moment. Il faut dire qu'avec le Goncourt des détenus, ma barque est pleine à bas bord. Je ne lirai certes pas les quinze livres de la sélection (les échanges animés que nous avons eu vendredi dernier à la Centrale ont permis d'éliminer quelques titres), mais j'en lirai une bonne partie. Le dernier en date fut Aucun respect, d'Emmanuelle Lambert, dont l'un des amis de Lire pour en sortir avait pourtant eu à son sujet une critique lapidaire et assassine : Aucun intérêt !* Il faut dire que sur le papier - jeune doctorante engagée pour travailler sur les archives d'Alain Robbe-Grillet -, on a peur de se taper un énième roman sis en milieu germanopratin, bien confiné dans l'entre-soi littéraire. Tout de même, j'ai choisi de le lire car j'avais aimé le Giono furioso, la biographie iconoclaste qu'Emmanuelle Lambert avait consacrée au grand écrivain provençal (et j'avais visité la grande exposition rétrospective Giono - dont elle était commissaire -,  qui s'était tenue en octobre 2019 au Mucem de Marseille). Et je ne l'ai pas regretté : ni satire ou portrait à charge, le roman n'en montre pas moins, à travers le regard distancié d'une jeune femme qui ne s'en laisse pas compter, la réalité d'un milieu professionnel où les femmes étaient rarement au pouvoir.

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Je dois avouer que je n'ai jamais lu Robbe-Grillet, aucun de ses romans célèbres, Les Gommes ou La Jalousie, ni vu aucun de ses films. Et pourtant, il me semble bien le connaître. Ce qui est, pour le moins, une illusion. C'est sans doute que son nom m'est souvent apparu dans les essais de critique littéraire, lui qu'on surnommait le Pape du Nouveau Roman. Pas assez certainement pour me donner envie de le lire. Emmanuel Lambert ou du moins la narratrice, désignée simplement par "elle" (le roman est largement autobiographique), le rencontre donc en son château de Normandie : "L'accueil de Robbe-Grillet avait tenu en deux phrases : "Alors c'est vous ?", puis "J'ai fait à manger"."L'écrivain avait fait des saucisses et des pommes de terre, et fut satisfait de voir que la jeune stagiaire mangeait beaucoup. Elle était venue avec celui qu'elle appelle le Chef, qui dirigeait l'Institut qui l'employait (et qui deviendra en fait l'IMEC, l'Institut Mémoire de l'édition contemporaine), et quand le Chef passe aux toilettes, Robbe-Grillet pose une question qui tue à la jeune femme : "Vous croyez qu'il est intéressé par vous ?" Elle manque s'étrangler en faisant descendre le verre d'aquavit qu'il lui avait servi : "Intéressé par moi..." Il avait affermi sa voix : "Sexuellement. Je veux dire, intéressé sexuellement." Elle avait répondu avec aplomb qu'elle ne croyait pas, mais il avait continué :
"Il vous intéresse, vous ?
- Non, je les préfère jeunes et beaux.
"

Sans être "d'une drôlerie irrésistible"(quatrième de couverture) - on n'ira pas jusque-là -, le roman est, grâce à l'impertinence de la narratrice, teinté d'humour. Et il est aussi émouvant parfois dans sa description de quelques figures féminines accueillantes à la jeune femme qu'elle était alors, et qui traçaient courageusement leur chemin entre les contraintes de la famille et du travail. Émouvant aussi quand il relate la descente aux enfers du Chef, atteint d'une maladie neurodégénérative. C'est à ce moment aussi que je relevai le passage suivant :

"Les obsèques ont eu lieu à Paris, dans l'église située sur la place des Abbesses. Sur le parvis, Joseph accueillait les gens coiffé d'un étrange chapeau de tueur à gages. En enterrant le Chef, il enterrait son double paradoxal, et une grande part de sa vie à lui."(p. 219)

Place des Abbesses, autrement dit dans le 18ème arrondissement. Vous me voyez venir. Retour à l'index du Thomas Clerc. On la trouve presque à la fin du livre :

"On peut désormais emprunter la fameuse RUE DES ABBESSES (418 X 14 m) avec sérénité, la colonne vertébrale du "village" qui donne son nom à la station de métro la plus profonde de Paris, d'où nous sortons essoufflé car nous avons gravi les 94 marches au lieu de prendre l'ascenseur. Ambiance : il y a beaucoup de monde sur la PLACE DES ABBESSES, et je m'apprête à souffrir car je n'aime pas le monde bien que j'aime le monde." (p. 572-573)

Au 8, il relève que deux boulangeries côte-à-côte se font forcément la guerre. Comme il préfère la plus ancienne, Au levain d'antan, à celle qui vient d'ouvrir récemment, Les Copains, qui "diffuse en outre une musique de variétoche  censée rendre l'ambiance sympa mais paraît, ipso facto, frelatée", il se poste devant l'entrée et conseille aux clients d'aller plutôt au levain d'à côté : "Ils ont tendance à obéir, sauf une japonaise terrorisée  et une bourgeoise rebelle. Après avoir commis ma m.a., je pénètre dans l'église Saint-Jean de Montmartre pour me purifier."

La semaine dernière, j'avais trouvé dans une brocante à Saint-Martin d'Auxigny, près de Bourges, un recueil d'articles de La Science et la Vie, de l'année 1913. Je l'avais acheté en pensant à ma fiction 1913, écrite en 2013 (toujours disponible sur le site des Tasons). Et, parcourant l'ouvrage, j'étais tombé sur cette belle illustration de la station des Abbesses, "récemment ouverte au public".

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* Cela m'a rappelé la critique la plus courte du monde, celle d'un journaliste sur le roman d'Alexandre Jardin qui s'appelait Oui : Non.

samedi 14 octobre 2017

# 246/313 - Du quai de l'Horloge au Vert-Galant

27/09 encore. Rémi Schulz publie Ana Mor, mords-moi à mort sur son site Quaternité. Il y est d'abord question du roman La dévoration de Nicolas Etienne d'Orves, un écrivain que je n'ai jamais lu, puis, de fil en aiguille, l'enquête débouche sur Temps glaciaires, l'avant-dernier opus de Fred Vargas. J'ai la surprise un peu plus loin d'être cité :
"Le lecteur de Temps glaciaires n'apprend le nom de l'assassin qu'une fois celui-ci démasqué, Charles Rolben. Les enquêteurs le connaissaient déjà sous le pseudo Lebrun, secrétaire de l'Association, et, toujours en admettant l'interchangeabilité de O et U, ROLBEN est l'anagramme de LEBRUN.

ROLBEN est aussi l'exacte anagramme de BLERON, et Patrick Bléron est un récent lecteur de Quaternité, m'ayant appris la mort d'Etienne Cornevin dans les circonstances synchronistiques relatées dans Eberluant anniversaire., mon 233e billet, où je remarquais la valeur de son nom,
PATRICK BLERON = 78+66 = 144, le Fibo précédant 233."
Bon, être l'anagramme exacte d'un assassin, fut-il fictif, vous laisse un peu songeur... Mais il faut reconnaître que c'est très bien vu, et d'ailleurs Rémi Schulz se loge à même enseigne : "Dans son roman suivant, L'armée furieuse, j'ai identifié le criminel dès la vue de son nom, le gendarme Emery. Puis vient Lebrun alias Charles Rolben dans Temps glaciaires, or le Schulz le plus connu a pour prénom Charles, devenu celui de son héros Charlie Brown, Charles Le Brun ?"

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Trois jours plus tard, le 30 septembre, je découvre sur la page d'Amazon la quatrième de couverture de Temps glaciaires :
"Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s'inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l'oeil cette nuit, une de ses soeurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment. La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m'emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D'après les rapports internes, il s'agit d'un suicide avéré. Tu as des doutes ? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur grand fumeur grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c'était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à cent ans. Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait, les tiques ?". [C'est moi qui souligne]
Or, je venais quelques jours plus tôt d'écrire le quarantième épisode de ce que je nomme ma Fiction-1967. Celle-ci doit comporter 52 épisodes, publiés chaque dimanche de cette année 2017, avec cette contrainte que je me suis donné de toujours faire allusion à un véritable événement survenu ces jours-là. Le 1er octobre, par exemple, voit la télévision couleur arriver pour la première fois en France (treize ans après les États-Unis) et j'ai imaginé que ce grand moment  fut l'occasion d'une fête, ou disons d'un raout mondain, organisé par un certain commissaire Bougrin. De Bourlin à Bougrin, il n'y a guère qu'une lettre de différence (je rappelle que je n'ai pas lu Temps glaciaires). Il y a tout de même des écarts : mon Bougrin est loin d'être aussi sympathique que le Bourlin de Vargas, c'est même un fumier de première. Non, le flic sympathique dans mon histoire c'est l'inspecteur Lagneau, dont le nom comme par hasard se retrouve dans la description de Bourlin (bouclé comme un jeune agneau).

Le lendemain je n'y tiens plus, j'emprunte le roman  de Vargas.
Je le dévore.
Page 177, je sursaute : "Les trois hommes se retrouvèrent, par quelque contraste, auprès de la statue équestre du roi Henri IV, au square du Vert-Galant, et s'installèrent sur un banc ensoleillé."
Il se trouve encore une fois que j'ai placé l'appartement de mon Bougrin sur cette même île de la Cité : "Quai de l’Horloge, sur l’île de la Cité. Bougrin habite là, un appartement spacieux au troisième. Fils et petit-fils de policiers qui ont toujours tenu à crécher dans l’orbe des institutions judiciaires, à trois battements d’aile de moineau du quai des Orfèvres, il perpétue la tradition tout en se voulant en même temps farouche défenseur de la modernité."
Or, où est placé le square du Vert-Galant ?  Ni plus ni moins qu'au bout du quai de l'Horloge.

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Ce lieu n'est pas anodin pour Adamsberg, la preuve en est qu'il y retourne à l'avant-dernier chapitre :
"Après avoir dîné, Adamsberg et François Château marchaient dans le jardin presque désert de l'île de la Cité, tournant autour de la statue d'Henri IV." (p. 482). Le fantasque commissaire aime la proximité du fleuve, qui le console un peu de l'absence du gave de Pau : "Adamsberg s'éloigna, laissant Château à son pesant destin, et traversa le pont qui le menait sur la rive gauche, respirant l'odeur de la Seine au passage, s'accoudant au parapet pour la regarder s'écouler, sale, dégradée mais encore puissante."
De même Lagneau fait arrêt près du fleuve :
"La télé tournait dans le salon, que personne ne regardait plus, sauf les caniches d’une vieille dame en fourrure léopard, que Lagneau salua profondément (les caniches, pas la dame). Deux minutes plus tard, il était devant les flots bruns du fleuve, songeant à cet assassin justement dit des berges de Seine, employé à la Préfecture, vipère nourrie en son sein, qui, en 1913, acculé dans son appartement, avait pulvérisé le grand-père de Bougrin dans son explosion programmée. Et il ne pouvait s’empêcher d’éprouver pour ce personnage quelque sympathie."
Ici, je fais allusion à la fiction 1913, que j'écrivis en 2013, où figurait ce personnage d'assassin dit des berges de Seine :
"Ben alors ça... ben alors ça...
Edmond le commis boucher n'en revenait toujours pas. Alors c'était bien vrai, l'assassin des berges de Seine, c'était lui, le petit bonhomme à chapeau melon qui faisait des réussites près de la porte des pissotières, lui dont on savait tout juste qu'il travaillait à la Préfecture de police, même qu'on faisait attention à ce qu'on jactait quand il était là, encore que, il était si discret, si gris, si insignifiant que des fois on l'oubliait, et qu'on se mordait un peu la langue, mais lui de toute façon, il avait pas l'air de nous écouter, il était concentré sur son tas de cartes, alors.
Je l'ai toujours trouvé louche, ce cave, a dit Fernand Gravelin en lampant son quatrième Byrrh de la journée, et puis jamais une pièce de vingt sous pour jouer avec nous autres, et à boire du café tout le temps comme une gonzesse.
Allongé, le café, allongé, je me rappelle bien, a souligné Edmond.
Oui, allongé, qu'est-ce que ça peut foutre, qu'il était allongé son café ? Hein ! sac à brosse ! En tout cas, c'est lui qu'est allongé maintenant !
Il rigole le Fernand, de sa grosse vanne, et Arthur Rosenthal protège son verre avec Le Petit Journal parce qu'un rire de Fernand c'est la fabrique à postillons, avec arrosage rotatif à 360°.
Pour arrêter le geyser, reprendre la main de la conversation.
Il leur a joué quand même un sale tour, le coup de la bombe à l'ouverture de la porte, les anars auraient pas mieux fait, l'étage de l'hôtel pulvérisé, trois pandores déchiquetés et un ponte de la Préfecture, un certain Bougrin. Notre gaillard s'est fait sauter la gueule, mais en bonne compagnie.
Quand je pense que ces cons-là cherchaient dans tout Paname alors qu'il marnait dans le bureau à côté !"
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NB : Je participe ce soir à la Nuit du Polar, organisé par les éditions de la Bouinotte. Après le salon du livre à Equinoxe, grand jeu-enquête dans les rues interlopes de Châteauroux. Inscriptions closes, mais possibilité tout de même de hanter les lieux du drame... Certaines rumeurs impossibles à vérifier affirment que quelque chose se tiendrait du côté du Musée-Hôtel Bertrand...

mardi 27 décembre 2016

#0 - Projet 2017 - Heptalmanach

Les paysans lisent l'almanach. Quoi de plus beau pour eux? Les jours qui viennent, et les mois, et les saisons, ce sont des jalons sur leurs projets. De l'année qui va suivre, on connaît d'avance certaines choses. D'abord ce qui est comme immuable, c'est-à-dire le départ et le retour des étoiles; tel est le squelette de l'almanach. Une année, c'est un tour complet des étoiles.  
       Alain, Propos,1910, p. 81.

#1       Après août, j'ai fort peu écrit ici, me contentant de remplir quelques carnets dont la publication n'était pas à l'ordre du jour. J'ai fait une seule exception pour Albert Aurier, découvert fortuitement en visionnant le Van Gogh de Pialat. Néanmoins l'envie est revenue de partager avec les quelques personnes que ça intéresse une nouvelle incursion dans ce que j'ai appelé à plusieurs reprises un attracteur étrange, concept et métaphore empruntée à la théorie mathématique du chaos.

#2      Parallèlement, s'imposa un autre désir d'écriture : reprendre, sur le vénérable site des Tasons, avec l'an nouveau, une nouvelle série de fictions brèves du dimanche, sur le modèle de la fiction 1913 qui m'avait occupé pendant toute l'année 2013. Un cahier des charges de taille modeste avait régi les 52 épisodes, ordonné autour d'un certain nombre de personnages récurrents et d'une référence obligatoire à l'actualité du jour précis, un siècle avant le dimanche de publication.

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View from Woolworth Building 1913

#3       Allais-je explorer sur le même mode l'année 1917 ? Je n'en avais pas envie, car l'année était à mon sens trop marquée par la guerre, et je ne me voyais pas reprendre mes personnages de 1913, car certains avaient bouclé la boucle, et leur destin était maintenant trop connu. C'est alors que j'ai eu l'idée de remonter d'un demi-siècle seulement en arrière : donc en 1967. Tout comme 1913 précédait la Grande Guerre, 1967 précédait 1968 qui, avec les événements de mai, allaient bouleverser l'Histoire, que l'on s'en réjouisse ou que l'on s'en afflige. Et puis c'est cette année-là que, personnellement, j'allais avoir sept ans. Une thématique autour du chiffre 7 commençait à s'imposer sérieusement.

#4     Pouvais-je mener de front les deux chantiers d'écriture ? Je cherchais obscurément un moyen de les relier. Et puis voilà que j'achetai L'almanach du ciel de la revue Ciel § espace, qui catalysa le projet : j'allais rédiger un almanach découpé sous la forme 52/313. 52 épisodes de la fiction 67, correspondant aux dimanches, restent 313 jours dans cette année 2017.
          Une petite manipulation numérologique m'indiquait par ailleurs que 5+2 = 7, et que 3+1+3 = 7 également. 313, nombre palindromique, soit dit en passant, c'est-à-dire pouvant se lire à l'identique dans les deux sens. Je reviendrai plus tard sur cet aspect.
          Almanach est aussi le mot qui succède à alluvion dans le Dictionnaire historique de la langue française, dirigé par Alain Rey. Il vient de al manah, "calendrier", transcription romaine d'un mot arabe d'Espagne (une telle origine métissée n'est pas pour me déplaire).

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#5     Les 313 jours de semaine verront donc des chroniques dédiées à l'exploration d'un attracteur étrange, dans la définition duquel je me réserve d'entrer dans le premier numéro de la série 313. Il n'est pas impossible que de cet attracteur à la fiction 67, des rapports se tissent, ce qui serait bien dans la logique de l'affaire (ils ne seront pas forcément explicités, il importe de laisser du grain à moudre au lecteur).
          Ceci dit, à cette heure, rien n'est encore écrit, à part un vague synopsis pour la première fiction, et un canevas pour les quatorze premières chroniques : c'est dire si le projet est encore fragile, et qu'il peut capoter piteusement. Annoncer la couleur est peut-être une façon de se motiver pour dégager l'énergie nécessaire pour tenir sur toute cette longueur de temps (qui me semble effrayante quand j'y pense).

#6       Cet almanach fondé largement sur le chiffre 7 sera donc nommé Heptalmanach. Pour m'aider dans cette besogne, j'ai maintenant songé à m'adjoindre des alliés. J'entends par là sept créateurs amis à qui je vais proposer dans les jours et les semaines qui viennent d'ajouter leur pierre à l'édifice.
           Une fois encore, c'est un défi à relever, personne n'est au courant, et je ne suis sûr de rien.

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Nouvelle traduction de François Bon

#7       Ami lecteur, je dois aussi te prévenir que cette plongée dans l'attracteur étrange risque de ne pas te laisser indemne. Cela me fait penser à ce jeu de rôle auquel nous avons sacrifié quelques nuits dans les années 80, L'Appel de Cthulhu, d'après H.P. Lovecraft : les personnages entraient dans l'univers du mythe et l'indispensable lecture des livres maudits comme le fameux Necronomicon leur faisaient perdre des points de santé mentale. C'est à un péril de même nature que tu t'exposes, lecteur, si tu entres véritablement dans Heptalmanach, et je te conseille donc de ne pas perdre ton arme la plus subtile : ton sens de l'humour.
          Ceci étant dit, rendez-vous dimanche 1er janvier pour la première fiction 67 !