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samedi 21 mai 2016

Le hasard est le plus grand romancier du monde

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Le hasard est le plus grand romancier du monde, dixit Balzac cité par Régis Debray, entendu avant-hier sur Arte.
Si c'est vrai, voici donc le second chapitre de ce roman du blé bleu et sable bleu, commencé avec Georges Perros et Tony Hillerman.
Retournant le lendemain sur la page de l'article, je remarque que les sites en lien sur la droite, que j'ai rassemblés sous la catégorie Autres sentes (et qui s'actualisent automatiquement sans intervention de ma part), proposent un bel écho à cette éclosion de bleu, comme en témoigne la copie d'écran suivante :

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Jacques Josse chronique sur son site Le bleu du ciel est déjà en eux, de Stéphane Padovani, en finissant par ces mots :

Ce passage rapide dans le fantastique aide chacun des personnages de Stéphane Padovani à poursuivre sa route. Ce ne sont pas des perdants. Et pas non plus des battus d’avance. Et encore moins des victimes qui demanderaient que l’on pleure sur leur sort. Ils gardent en eux assez de ressource intérieure, qu’ils vont piocher dans un insoupçonné minerai intime ("ce bleu du ciel" qui "est déjà en eux") pour transcender le présent.
S'il est vrai que Richard Gonzalez, dans A part soi, ne sacrifie au bleu que le fond pâle de son beau portrait cubain, le bleu est discrètement mais résolument présent dans l'azul  du dernier billet d'Arantelle :  Verde-azul-amarillo’ de Gunther Gerzso,  1969.

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Au vrai, le bleu (azul) se réduit  au petit rectangle en bas à droite. Il en a d'autant plus de force.

Mais déjà je vous annonce un troisième chapitre, toujours sous l'égide du bleu du ciel.

vendredi 10 février 2012

Le murmure du monde

ImagePlongé dans le troisième volume du Carnet de notes de Pierre Bergounioux, qui couvre les années 2001 à 2010,  1280  pages serrées où j'avance méticuleusement, à raison d'un mois de carnet par soir, pas plus. Une lenteur voulue qui me vaudra donc, si j'en respecte la contrainte, de passer quatre mois en compagnie du corrézien. Il semble étonnant que l'on puisse s'en réjouir, car enfin quoi de plus banal que son existence, entièrement tissée autour du labeur d'écrire, de la rude tâche d'enseignement, du soin des siens et de quelques passions vives comme la sculpture de ferraille ? Pas de place pour le ragot, la cuisine des coteries littéraires, Bergounioux rencontre tout un tas de gens qui comptent dans la culture d'aujourd'hui sans songer une seule seconde à s'en prévaloir, sans émerveillement, sans même le plus souvent en donner le détail, ce que bien d'autres ne manqueraient pas de faire. Il narre ainsi sans s'attarder son passage à Bouillon de culture, beaucoup plus prolixe sur les bouchons de l'autoroute, inquiétude constante chez lui. Angoisse de l'accident, du destin soudain qui bascule. Ce journal est essentiellement une chronique des empêchements, consignée avec une sincérité émouvante. J'en reparlerai certainement ici.

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Cette lecture régulière, vespérale, laisse place à d'autres lectures, indisciplinées, sauvages, brèves, vite pliées. Comme celle du livre de Lambert Schlechter, Le murmure du monde, que je connaissais pas la semaine dernière, et que j'ai découvert grâce au blog de Jacques Josse. Ce n'est pas son dernier livre, mais me plaisait suprêmement ce titre de murmure du monde, et j'aime beaucoup la photo de couverture. Donc, c'est rare, commande immédiate, et, sitôt reçu, lecture immédiate de ces dizaines de fragments dédaignant la majuscule et le point. Juste un exemple ce soir, qui lie si bien l'archaïque et l'actualité :

au gré de ma lecture du matin je rencontre des limaçons, propos de Socrate rapportés par Diogène Laërce - marquant son dédain à l'encontre des Athéniens qui se vantaient d'être des indigènes, Socrate disait que leur noblesse ne dépassait en rien celle des limaçons et des sauterelles - sous-entendant que ces bestioles-là aussi étaient autochtones,
J'y reviendrai aussi très certainement.